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Diffuser un événement en direct au Maroc : le vrai cahier des charges

3 min de lectureDirect · Événementiel · Broadcast

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Une captation, on peut la sauver au montage. Un direct, non. C'est toute la différence, et c'est pour cela qu'un direct coûte plus cher qu'un tournage de durée équivalente.

Nous avons assuré la production d'un direct depuis deux villes marocaines, Casablanca et Agadir, intégré à un flux mondial aux côtés de Los Angeles et Paris, devant des foules de plus de trente-cinq mille personnes, de nuit. Ce qui suit vient de là.

Ce qui fait tomber un direct

Par ordre de fréquence réelle :

1. Le réseau. Presque toujours. Le wifi du lieu, partagé avec les invités qui postent des stories, s'effondre au moment exact où la salle se remplit. Un direct ne se fait jamais sur le wifi du site.

2. L'alimentation. Une seule prise, une seule multiprise, quelqu'un qui débranche pour charger son téléphone. Deux circuits distincts, et un onduleur sur la régie.

3. Le son. L'erreur classique consiste à prendre le son de la caméra plutôt que celui de la console de salle. Le micro du présentateur est déjà sonorisé — on prend le signal à la source.

4. La chaleur. Un encodeur ou un ordinateur en plein soleil s'arrête. Sous une tente, en août, au Maroc, ce n'est pas une hypothèse.

5. La coordination. Personne ne sait qui décide de lancer. Sur un direct, il faut une voix qui compte à rebours, et une seule.

Le dispositif minimum

Connexion : fibre dédiée si le site en a une, plus une solution cellulaire agrégée sur plusieurs opérateurs en secours. Prévoir au moins le double du débit montant théoriquement nécessaire — un flux qui utilise 90 % de la bande disponible tombera.

Caméras : deux au minimum. Un large qui ne bouge pas, et qui reste diffusable en permanence ; un serré qui prend les risques. Trois à quatre pour une conférence.

Redondance : l'enregistrement local tourne toujours, en parallèle du direct. Si la diffusion tombe, il reste un master. Cet enregistrement a sauvé plus d'événements que n'importe quel équipement.

Régie : un mélangeur, un retour, un ordre de service écrit. Qui coupe, quand, sur quel signal.

Latence : à décider en amont. Un direct sur les réseaux tolère quelques secondes. Un direct destiné à un diffuseur qui doit pouvoir basculer sur vous à la seconde, non.

Ce qu'il faut exiger d'un prestataire

Posez ces cinq questions. Les réponses vous diront tout :

  1. « Quelle est votre solution de secours réseau ? » — s'il n'y en a pas, il n'y a pas de direct
  2. « Enregistrez-vous en local pendant le direct ? » — la réponse doit être oui, sans hésitation
  3. « D'où prenez-vous le son ? » — la console, pas la caméra
  4. « Combien de temps avant l'événement êtes-vous sur place ? » — moins de trois heures pour un multicam est optimiste
  5. « Qui appelle les coupes ? » — un nom, pas « on s'organisera »

Le cas du drone en direct

Un drone en direct dans un flux diffusé ajoute deux couches : la transmission du signal aérien vers la régie, et l'autorisation. Le vol de nuit au-dessus d'un public nombreux est l'un des cas les plus encadrés qui existent au Maroc — voir notre article sur l'autorisation drone.

Ce n'est pas impossible. C'est un dossier, et il se dépose des semaines à l'avance.


Un événement à couvrir ? Parlons-en tôt — la préparation d'un direct commence par le réseau et les autorisations, pas par les caméras.

Voir l'opération FOX pour la Coupe du Monde.

Questions fréquentes

Quelle connexion faut-il pour un direct fiable ?
Une fibre dédiée quand le lieu en dispose, doublée d'une solution cellulaire agrégée sur plusieurs opérateurs. La règle : au moins deux fois le débit montant nécessaire au flux, et jamais le wifi du site. Le wifi partagé avec les invités est la cause d'échec la plus fréquente.
Combien de caméras pour un événement ?
Deux au minimum pour pouvoir couper proprement : un plan large de sécurité, un plan serré. Trois à quatre pour une conférence ou une remise de prix. Au-delà, c'est une régie, pas un tournage.
Quel budget pour un direct au Maroc ?
De 12 000 à 50 000 MAD selon le nombre de caméras, la durée et le niveau de redondance. Un direct destiné à un diffuseur externe coûte plus qu'un direct sur les réseaux sociaux, parce que les exigences techniques ne sont pas les mêmes.
Faut-il une autorisation pour filmer un événement public ?
Oui dans la plupart des cas, et deux si un drone intervient : l'autorisation de vol et l'accord de tournage. Pour un rassemblement de grande ampleur, la coordination avec les autorités locales fait partie du dispositif, pas des options.
Parlons-en

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